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Le crash taste week-end de François !

  

François Cau, journaliste et critique pour So Film et Rue 89, se fait les dents dans cpasducinema. Aussi poilu que Chuck Norris, aussi espiègle que Leatherface et aussi sensible que Yamazaki Asami au terme d’une Audition, il vous délivrera chaque week-end son Crash Taste de films. Qui passe à la disqueuse ?

Vous pouvez également retrouver François Cau sur son blog.

La Chambre Bleue de Mathieu Amalric
S'il se sert du genre comme d'une excuse, Mathieu Amalric ne le regarde jamais de haut. C'est tout à son honneur, et même à son avantage : l'opacité de l'intrigue s'éclaircit au bon vouloir de la mise en scène, pièce maîtresse d'un puzzle déconstruit autour du corps de ses interprètes. À l'opposé esthétique, sensoriel et artistique de Tournée, La Chambre Bleue séduit dans ses petites prises de risque.

Ip Man : le combat final de Herman Yau
Herman Yau, homme de contraste, capable d'aligner aussi bien l'un des films les plus ignobles jamais tourné (Ebola Syndrome) qu'un drame politique de haute tenue (From the Queen to the Chief Executive). Sa dernière contribution à la franchise Ip Man se penche sur les mûres années du maître de Bruce Lee. Le style est classieux, lyrique à l'occasion, efficace au point de faire oublier que le magnifique Anthony Wong peine quelque peu à lever la jambe. De la belle ouvrage pour conclure une saga objectivement interminable.

24 heures Chrono saison 9
Le plaisir étrange et pénétrant de voir Jack Bauer s'extirper, le souffle court, des situations les plus rocambolesques ne peut pousser à fermer les yeux sur une faute de goût impardonnable : envoyer les violons pour la mort d'un personnage puis rétro-pédaler la semaine d'après, ça s'apparente à du colossal foutage de gueule. La pilule distille son amertume sur les épisodes restants, avec leurs lots habituels de taupes infiltrées, de sous-intrigues inintéressantes qui prennent leur temps pour recouper les enjeux principaux, et de sursauts barbares d'un Jack Bauer très en forme dans la mise en œuvre de son pragmatisme fondamentaliste. La volonté des scénaristes de le présenter en créature apolitique, mue par l'intégrité et l'honneur, est adorable ; la seule leçon politique à tirer de 24 heures Chrono, au final, reste l'interchangeabilité absolue des Démocrates et des Républicains en temps de crise.

Engrenages saison 5
Hasard malheureux : les scénaristes se débarrassent d'un des personnages principaux exactement de la même façon que dans une scène-clé de la saison 5 de The Good Wife. Ça la fout mal, mais pas autant que la vitesse à laquelle ce pilier fondateur du show est oublié. Stigmate purulent d'une saison qui répète sans y croire les pistes de réflexion des années passées, et ne se réveille que dans les deux ultimes épisodes.

The Blacklist saison 1
Le Raymond Reddington campé avec souverain mépris par le clone bouffi de James Spader rejoint la cohorte des Ray Donovan, des costards cravates de Suits, des têtards de How to get away with murder, tous ces adeptes forcenés du capitalisme sauvage, du pognon roi comme seul repère moral. Racoleur, sanglant, manipulateur, ce show est aussi vulgaire qu'un coup d'un soir, les bas instincts s'y assouvissent et une honte diffuse s'installe une fois la besogne terminée.

The Big Bang Theory saison 6
La lente et douloureuse descente aux enfers d'une sitcom qui, à force de tourner en rond, s'enfonce dans le sol. Les ultimes relents de charme s'évaporent à tout jamais avec le treizième épisode de la saison, The Bakersfield Expedition, sans doute la plus grosse insulte adressée à la communauté geek depuis le film Cyprien.  

 

Tag(s) : #crash taste

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