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Le crash taste week-end de François !

François Cau, journaliste et critique pour So Film et Rue 89, se fait les dents dans cpasducinema. Aussi poilu que Chuck Norris, aussi espiègle que Leatherface et aussi sensible que Yamazaki Asami au terme d’une Audition, il vous délivrera chaque week-end son Crash Taste de films. Qui passe à la disqueuse ?

Vous pouvez également retrouver François Cau sur son blog.

L'Enlèvement de Michel Houellebecq de Guillaume Nicloux
Un bodybuilder, un freefighter et un énorme gitan ancien du Mossad (?) kidnappent l'auteur de La Carte et le Territoire pour le compte d'un mystérieux commanditaire. Le choc des cultures s'opère dès lors sous le prisme de l'alcoolisme mondain : aviné dans les limites du déraisonnable, Houellebecq répond à toutes les questions de ses affables geôliers sans aucune retenue, noue avec eux une complicité aussi touchante que franchement hilarante. La première vision embrasse le miracle comique, la deuxième estompe les moindres réserves, la troisième baigne dans un doux parfum d'éternité. Haut la main, l'un des grands vainqueurs de l'année.

L'Etrange Couleur des Larmes de ton Corps d'Hélène Cattet et Bruno Forzani
Moins autiste et beaucoup plus abouti qu'Amer, le nouveau long du binôme Cattet / Forzani défie les expectatives au fleuret moucheté. L'heure n'est plus à l'hommage déférent et effacé au giallo, mais à la totale réinvention du genre, sous l'égide d'une réalisation sous psychotropes gardés sous cloche depuis les années 70. Le film se mue peu à peu en véritable labyrinthe d'inventivité cinématographique, en kaléidoscope d'images, de sensations à mi-chemin entre l'excitation et le malaise, en havre de résistance face à l'invasion du cinéma de genre lo-fi. Donnez-leur les moyens, et ces deux-là bâtiront des cathédrales.

Le Couvent de Mike Mendez
Il faut revoir ce film d'horreur sorti en 2000, ne serait-ce que pour sa spectaculaire scène d'intro, un massacre de nonnes mis en images sur l'un des plus beaux morceaux jamais enregistrés (You don't own me de Lesley Gore). La suite aligne tous les clichés les plus débiles du film de maison hantée, des dialogues écrits par un ado de douze ans au lendemain de sa première cuite, et Coolio en flic relou coiffé n'importe comment. Toute une époque.

New York Melody de John Carney
C'est un peu la même impasse que dans La Vénus à la Fourrure, lorsque la falote Emmanuelle Seigner devait se transfigurer en actrice remarquable pour finalement s'échouer sur les limites de son jeu : un producteur loser tombe en pâmoison à l'écoute des compositions de sa nouvelle muse... et on se demande bien pourquoi, tant elle se vautre dans de la soupe pop folk gnangnan de contrefaçon. Difficile de passer outre, même si le réalisateur de Once esquive avec une certaine agilité les figures imposées de la comédie romantique.

Nos Pires Voisins de Nicholas Stoller
Enorme déception : l'auteur du diptyque culte Sans Sarah rien ne va / American Trip se laisse aller à la contemplation passive de son cirque humoristique grotesque peinant à tenir debout. Pas la peine de se faire du mal : les meilleurs gags sont tous dans la bande-annonce, et l'épilogue doucettement moralisateur laisse un arrière-goût de vomi conservateur au fond du palais. Depuis quand Seth Rogen se permet de donner des leçons de morale ? Retourne donc faire des pubs pro-marijuana, sale faux jeune.

Lucy de Luc Besson
En toute humilité, l'inénarrable pacha du divertissement made in France pensait donner vie au cinéma du futur en partouzant Park Chan-wook et Terrence Malick. En résulte une série B aux prétentions métaphysiques à agoniser de rire dans d'atroces souffrances. Luc Besson qui écrit sur l'intelligence ? La brèche créée par ce paradoxe dans le continuum espace-temps a heureusement été colmatée par le minimum de raison restant à l'humanité.

 

Tag(s) : #crash taste

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