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Le crash taste week-end de François !

François Cau, journaliste et critique pour So Film et Rue 89, se fait les dents dans cpasducinema. Aussi poilu que Chuck Norris, aussi espiègle que Leatherface et aussi sensible que Yamazaki Asami au terme d’une Audition, il vous délivrera chaque week-end son Crash Taste de films. Qui passe à la disqueuse ?

Vous pouvez également retrouver François Cau sur son blog.

Les Combattants de Thomas Cailley
Pour un premier film, Les Combattants a vraiment de la gueule. Son auteur sait écrire, réaliser et diriger des acteurs, ce qui est toujours plus que 95% des escrocs en activité dans le domaine pétrifié de la comédie cocorico. Il se laisse même aller à une incursion vers le fantastique dans son climax, pour un résultat plus que convaincant et à double tranchant malgré lui : la scène nous rappelle qu'aujourd'hui, pour voir du cinéma de genre dans un film français, il faut que ce soit en seconde main, en addendum. Sinon, ça ne fait pas très sérieux, vous comprenez.

I Origins de Mike Cahill
Pionnier de la science-fiction lo-fi qui envahit peu à peu les écrans sans que personne ne trouve encore à y redire, Mike Cahill possède un certain don pour raconter absolument n'importe quoi (ici, une histoire abracadabrantesque de réincarnations discernables dans les pupilles), certes, mais avec une infinie délicatesse. Sa mise en scène enveloppe les tergiversations hébétées de ses personnages d'un cocon doucereux, en une habile diversion pour ne pas trop interroger les mécaniques de narration accrochées à la suspension d'incrédulité jusqu'au point de rupture.

Open Windows de Nacho Vigalondo
Pendant ce temps, Elijah Wood se crée une nouvelle carrière dans le cinéma de genre petit budget / high concept, offrant généreusement son nom comme caution morale à des auteurs passionnés et presque passionnants. Ici, le responsable des très engageants Los Cronoscrimenes et Extraterrestrial multiplie les pistes jamais abouties pour ne pas se laisser emprisonner par son idée de départ (suivre l'action uniquement à partir de fenêtres d'un laptop), pour finalement brasser du vide pour donner l'illusion du mouvement. Ça se regarde, mais ça s'oublie aussi vite.

Hippocrate de Thomas Lilti
Avec toute la sympathie due à Vincent Lacoste, ce serait refuser de voir la poutre dans l'œil du cinéma français que de nier sa monstrueuse erreur de casting. Fort heureusement, pour peu qu'on détourne le regard au bon endroit, Reda Kateb sauve à lui seul ce film par ailleurs trop content de lui, au point de démissionner dans des scènes pourtant capitales – le dernier acte enquille à cet égard moments gênants sur performances douloureuses.  

Le Rôle de ma Vie de Zach Braff
Un film pour Zach Braff, par Zach Braff, qui nous rappelle à quel point Zach Braff cinéaste manquait cruellement à Zach Braff l'acteur populaire. Vigoureusement déconseillé à quiconque n'est pas Zach Braff.

Tokarev de Paco Cabezas
Un soir de beuverie, Paco Cabezas hurle à la cantonade indifférente : « Vous savez ce qui manquait à Taken ? NICOLAS FUCKING CAGE ». Malheureusement, un producteur l'entendit et l'exauça. La gueule de bois dura manifestement tout le tournage. Au finish, c'est le spectateur qui a mal à la tête, principalement par empathie pour l'homme Cage, vieux chien fou enchaîné à des projets dont le seul but est de ralentir sa spirale d'endettement. Tokarev est son quatrième appel à l'aide de l'exercice 2014.

 

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