Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le crash taste week-end de François !

François Cau, journaliste et critique pour So Film et Rue 89, se fait les dents dans cpasducinema. Aussi poilu que Chuck Norris, aussi espiègle que Leatherface et aussi sensible que Yamazaki Asami au terme d’une Audition, il vous délivrera chaque week-end son Crash Taste de films. Qui passe à la disqueuse ?

Vous pouvez également retrouver François Cau sur son blog.

Why don't you play in hell ? de Sono Sion
Les vrais savent : le Japonais Sono Sion aligne une carrière aussi passionnante que massacrée par une exploitation hexagonale incohérente sortant ses films dans le désordre, avec systématiquement plusieurs wagons de retard. Sur la quinzaine de longs-métrages réalisés par ce metteur en scène passionnant, plus versatile et adepte de la remise en question que tous ses contemporains, deux sont sortis au cinéma (The Land of Hope et Guilty of Romance), trois ont été distribués en DVD (Suicide Club, Noriko's Dinner Table et son chef-d'œuvre absolu Love Exposure). La sortie (en vidéo parce qu'il ne faut pas déconner non plus) de cet opus mineur mais délirant est donc un événement de taille, passé sous silence par des médias trop occupés à saluer le caractère « borderline » de Vincent n'a pas d'écailles. Même si Why don't you play in hell ? encaisse mal la comparaison avec les films les plus cruciaux de son auteur, il a tout de même pour lui l'un des meilleurs titres jamais inventé, un besoin compulsif de filmer, une science jouissive du divertissement taré que n'ont jamais possédé et ne posséderont jamais les tenants de l'entertainment mondial. Alors pourquoi ne pas jouer en enfer et profiter du talent d'un cinéaste capable de faire prendre dix kilos de plus à Tarantino en une seule vision ? Hein, pourquoi ? Donnez-moi une seule bonne raison avant que je ne vous étripe à l'aide de ce sabre.

Secret d'Etat de Michael Cuesta
Peu ou prou le même sentiment et la même absence d'émotion étreignent qu'à la sortie de L'Enquête de Vincent Garencq : ce n'est sûrement pas grand chose artistiquement (surtout quand on le compare à ses évidents modèles des seventies), mais dans l'absolu, c'est bien que le film existe, ne serait-ce que pour passer le mot sur cette hallucinante histoire, emblématique de la démission à l'œuvre dans les sphères journalistiques.

Mommy de Xavier Dolan

Je ne peux plus penser à Xavier Dolan autrement que comme celui qui a concrètement donné vie, dans Les Amours Imaginaires, à l'image de l'auteur se masturbant sur son spectateur. Il paraît que Laurence Anyways, c'est très bien, mais je ne le saurai jamais, n'ayant pu dépasser le premier quart d'heure au terme de trois essais. Qu'il soit hors plateau un parangon de prétention poseuse n'entre à la limite même pas en ligne de compte, ce que j'ai vu de ses films ou clips ne m'évoquent qu'un agrégat de gimmicks « empruntés » à des cinéastes bien plus visionnaires. Non, la vraie question, c'est de savoir ce qui a bien pu motivé le jury du dernier Festival de Cannes à mettre Mommy et Adieu au Langage de Godard sur le même plan, si ce n'est pour composer une récompense fourre-tout dédiée à des œuvres « inclassables », comprendre « il paraît que c'est très bien mais personne ne sait exactement pourquoi ».

Magic in the Moonlight de Woody Allen
Je me suis tellement endormi devant ce film que j'ai peut-être rêvé cette scène où Emma Stone arrache un à un les sourcils de Colin Firth dans un décor de maison close sur fond du Sweet Dreams d'Eurythmics. Dommage, c'était ce que Woody Allen avait filmé de mieux depuis au moins dix ans.  

Sacrifices of War de Zhang Yimou
Le retournement de veste de ce cinéaste autrefois engagé, désormais biatch servile du gouvernement chinois dans des œuvres de propagande indignes, reste symptomatique de la terreur culturelle en cours dans cette puissance économique très soucieuse de l'image qu'elle peut renvoyer. Sur le même sujet (le massacre de la ville chinoise de Nankin en 1937 par les troupes japonaises), cette superproduction dans laquelle vient se perdre un Christian Bale hébété se situe à l'extrême opposé  du terrible City of Life and Death de Lu Chuan, tant en termes de qualité, de pertinence, que de démagogie facile.

Rec 4 de Jaume Balaguero
L'actrice du premier volet et quelques zombies sont dans un bateau, qu'est-ce qu'il en reste ? Rien, et surtout pas le souvenir déjà bien lointain d'un quelconque intérêt cinématographique.

 

Tag(s) : #crash taste

Partager cet article

Repost 0