Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le crash taste week-end de François !

François Cau, journaliste et critique pour So Film et Rue 89, se fait les dents dans cpasducinema. Aussi poilu que Chuck Norris, aussi espiègle que Leatherface et aussi sensible que Yamazaki Asami au terme d’une Audition, il vous délivrera chaque week-end son Crash Taste de films. Qui passe à la disqueuse ?

Vous pouvez également retrouver François Cau sur son blog.

Stretch de Joe Carnahan
Si pour vous, Carnahan n'est que l'habile faiseur derrière Mi$e à Prix ou L'Agence Tous Risques, ravalez votre morgue, posez votre auguste popotin devant Le Territoire des Loups – et ne faites pas comme si vous aviez le choix. Si cette relecture du After Hours de Scorsese pour chauffeur de limousine poissard a mis autant de temps à sortir, ce n'est pas pour quelque raison artistique. La réponse se glane du côté du producteur Jason Blum, modèle de petit malin cynique, trop occupé à se gonfler le portefeuille sur le dos de projets tous plus crétins les uns que les autres pour accorder un semblant d'importance au meilleur réalisateur de son écurie de bourrins malades. Certes, l'épilogue du film sombre dans le clicheton malheureux et la contre-performance de cette grosse endive de Chris Pine manque de faire tanguer le navire dangereusement, mais foutredieu, quelle intro, quel rythme, quelle fluidité dans la mise en scène, quelle envie de filmer suintant de chaque plan. J'en redemande.

Astérix – Le Domaine des Dieux de Louis Clichy et Alexandre Astier
Vu l'état cadavérique de l'humour made in France, un projet aussi scénaristiquement travaillé que celui-là fait office de piqûre d'adrénaline dans un champ de cataplasmes. Non content d'avoir choisi l'un des albums les moins évidents à adapter parmi les multiples aventures du gaulois moustachu, de s'être acquitté d'un script brillant, abordable par toutes les générations et truffé de références pour tous les goûts, Alexandre Astier s'est adjoint un casting vocal où, chose rare, chacun est à sa place. La réalisation de Louis Clichy peine à convaincre sur le character design, mais ajoute un souffle dynamique à l'efficacité certaine : les gags font autant rire à la seconde vision, ça ne trompe pas sur la marchandise.

Interstellar de Christopher Nolan
À la notable exception de LA scène poignante qui aura mindfucké jusqu'aux spectateurs les moins sensibles, lorsque Christopher Nolan tente de baser son ambitieux récit sur des arguments purement émotionnels, il évoque ses robots configurés pour faire de l'humour : ça ressemble à ce que ça veut imiter, mais on sent tout de suite que quelque chose ne va pas. D'où cette sensation de malaise lors du dernier acte, pire résolution possible des enjeux disséminés patiemment dans les deux premières heures. Interstellar est une cathédrale en verre de trois cent kilomètres de haut, avec un organiste dément pour compositeur et des fondations en allumettes.

Near Death Experience de Gustave Kervern et Benoît Delépine
Des limites de la méthode Kervern / Delépine et de leurs films improvisés au fil du tournage. Moins aléatoire que Le Grand Soir, leur nouveau route-film ne brille pas par sa finesse, redite en moins bien de leurs débuts, à la poursuite d'une magie disparue dans les vapeurs d'alcool. Les plans-séquences s'étirent plus que de raison, le personnage de Michel Houellebecq répète tout trois fois histoire d'enfoncer le clou, l'image est d'une laideur repoussoir. L'anarchie oui, mais avec un peu plus de conviction, s'il vous plaît.

Paddington de Paul King
Parents, prenez garde : les enfants sont terrifiés par le personnage de Nicole Kidman, ou par Nicole Kidman elle-même (comme nous devrions sans doute tous l'être), toujours est-il qu'en trois séances, j'ai vu pas moins de cinq bambins sortir de la salle en larmes, jurant mais un peu tard qu'on ne les y reprendrait plus. Sinon, c'est joli, Londres, l'hiver sous la neige.

La French de Cédric Jimenez
Jean Dujardin et Gilles Lellouche sont encore à des lieux de la carrure que ce film aimerait leur donner. Le cinéma de genre français, lui, n'assume toujours pas son complexe d'infériorité par rapport à son correspondant américain et n'en finit plus de reproduire ses tropes hors de portée artistique. Défi : comparez donc la scène de rencontre des deux antagonistes à celle de Heat, et essayez de ne pas rire. De ne pas pleurer, non plus.

 

Tag(s) : #crash taste

Partager cet article

Repost 0