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Le crash taste week-end de François !

François Cau, journaliste et critique pour So Film et Rue 89, se fait les dents dans cpasducinema. Aussi poilu que Chuck Norris, aussi espiègle que Leatherface et aussi sensible que Yamazaki Asami au terme d’une Audition, il vous délivrera chaque week-end son Crash Taste de films. Qui passe à la disqueuse ?

Vous pouvez également retrouver François Cau sur son blog.

L'Armée des Ombres de Jean-Pierre Melville
Comparer cette cathédrale au tout venant de la production française contemporaine, et vomir des crucifix en chêne massif. Ce chef-d'œuvre condense tout ce dont notre époque aurait besoin : un refus taiseux du spectaculaire, une construction complexe qui traduit par la mise en scène les tourments intérieurs de ses personnages sans délivrer immédiatement toutes leurs clés, une violence à l'impact mesuré, des acteurs au service du projet et non l'inverse... Pour citer la scène finale du film, en comparaison, l'impression se dégage que le cinéma français d'aujourd'hui a décidé de ne plus courir. Reviens Melville, ils sont devenus fous, ils comparent Jean Dujardin à Lino Ventura.   

L'Affaire SK1 de Frédéric Tellier
Les acteurs français, parlons-en alors que sort en DVD ce soubresaut parkinsonien de notre cinéma plus ou moins de genre. Comment faire tenir un semblant de suspense debout avec des têtes d'affiche aussi fadasses que Gilles Lellouche, Pierre Niney, ou ici Raphaël Personnaz et son indécrottable regard de mouette morte ? Ne cherchez pas, ce n'est pas possible.

Top Five de Chris Rock
Un jour, Chris Rock en a eu marre que sa communauté ne soit pas correctement représentée au cinéma. Pas la communauté noire, hein, mais celle du 1%. Les gars pétés de thune et près de leurs sous, qui ne supportent pas la critique et aimeraient bien être pris au sérieux, en dignes héritiers du Steven Seagal des années 90 quand il déclarait à la face de la postérité « J'espère être reconnu comme un grand auteur et un grand acteur, plutôt que comme un sex symbol » (je n'invente rien, c'est une vraie citation). Comme Steven, Chris est un incompris. Ce n'est pas qu'un comédien reconnu, avec plein d'amis VIP, qui sort avec des bombasses, c'est un excellent comédien reconnu, avec plein d'amis VIP, qui sort occasionnellement avec des bombasses sympas. Et ça, fallait le savoir.

Eden de Mia Hansen-Love
Les pauvres riches, suite. Le saviez-vous ? Dans le milieu de la French Touch, il y avait quand même pas mal de cocaïne, de la tristesse, aussi, parfois. Puis les nanas étaient un peu chiantes, maintenant que j'y repense. Des fois, les Daft Punk venaient faire un petit tour en boîte, et alors tout le monde disait : « T'as vu ? C'est les Daft Punk ». Riche en enseignements primordiaux de ce calibre, le film est l'équivalent de ce type relou qui vient te monopoliser en soirée pour t'expliquer quatre fois d'affilée qu'il est dans la musique, tu vois, qu'il est à deux doigts de se faire signer, t'sais.

Broadchurch saison 2
Que faire lorsqu'une intrigue est intégralement bouclée à l'issue de la première saison ? Ces huit nouveaux épisodes étalent la question en long, large, travers, et prennent bien soin de ne jamais Ô GRAND JAMAIS amorcer un début de réponse.

Joker de Simon West
Entre Expendables 3 et Fast and Furious 7, il faut abreuver la soif jasonstathamienne de substrat esthétique théorique. Que la bête soit exaucée : le réalisateur des Ailes de l'Enfer envoie Jason casser des crânes et des entrejambes à Las Vegas, sous le regard attendri de seconds couteaux visiblement persuadés de valoir mieux que ça. Le fait que ce film soit sorti en salles, là où tant de séries B plus que correctes ne connaissent même pas d'exploitation DVD, se rajoute au plantureux catalogue des doigts d'honneur adressés au public par les arcanes reptiliennes de la distribution.

 

Tag(s) : #crash taste

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