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Le crash taste week-end de François !

François Cau, journaliste et critique pour So Film et Rue 89, se fait les dents dans cpasducinema. Aussi poilu que Chuck Norris, aussi espiègle que Leatherface et aussi sensible que Yamazaki Asami au terme d’une Audition, il vous délivrera chaque week-end son Crash Taste de films. Qui passe à la disqueuse ?

Vous pouvez également retrouver François Cau sur son blog.

Love de Ken Russell
Dans le grand audit à venir des injustices du 7e art, la redécouverte de la filmographie de Ken Russell s'imposera d'elle-même dans les larmes, le sang et bien évidemment le foutre. Grâce soit rendue au défunt site La Caverne des Introuvables, qui exhuma en son temps le chef-d'œuvre maudit indiscuté (Les Diables), les biographies revisitées sous l'angle de la réappropriation foutraque de l'œuvre (Mahler, La Symphonie Pathétique, Le Messie Sauvage, Lisztomania), ou les expérimentations des années 80 (Altered States, Le Repaire du Ver Blanc, Les Jours et les Nuits de China Blue). Aujourd'hui, chantons les louanges de l'éditeur Sidonis Calysta ne serait-ce que pour le geste. L'édition de ce classique oublié surgit merveilleusement de nulle part, en l'occurrence 1969, année homo-érotique si l'on en croit l'incroyable scène-clé de cette adaptation faussement compassée de DH Lawrence. Ken Russell tient encore la bride de son style visuel baroque, ce qui ne l'empêche pas de décorsetter amplement les codes du film en costumes avec vigueur et esprit. Oliver Reed, comme à son habitude, y est impérial.

Réalité de Quentin Dupieux
C'est peut-être de l'avoir vu entre 14 comédies françaises toutes plus lamentables les unes que les autres (comme par exemple l'avant-dernière chronique), ou le fait qu'il succède au sympathique mais très, très mineur Wrong Cops, toujours est-il que Réalité se savoure sans aucun problème deux fois d'affilée. Pour une fois, la comparaison avec David Lynch tient debout : nous voilà balancés au milieu d'un puzzle avec des trous béants et des pièces à l'envers, plusieurs anneaux de Moebius entremêlés avec la sidération des images comme seule mais formidable béquille. Comme chez Lynch, mal luné, il est très facile d'envoyer bouler ce délire qui ne raconte pas finalement grand chose du fait de son repli autiste sur lui-même ; bien luné, son ton absurde pousse à la surinterprétation pour lui donner plus de consistance. C'est bon signe.

It Follows de David Robert Mitchell
Passée sa superbe mise en image et son utilisation inspirée du Cinemascope, ne reste qu'un slasher bizarrement anti-spectaculaire, dont l'art du contrepied réside pour grande partie dans le sérieux papal de protagonistes qui passent leur temps à rationaliser l'argument fantastique. Le procédé s'avère à peu près aussi payant qu'une comédie où chaque gag serait suivi d'une diapositive expliquant le fonctionnement des zygomatiques.

L'Interview qui tue ! de Seth Rogen et Evan Goldberg
Chaque société a les batailles pour la liberté d'expression qu'elle mérite. La meilleure blague de Seth Rogen aura sûrement été de pousser Barack Obama à défendre un film de fumiste écrit dans les vapeurs de weed, trop long d'une grosse demi-heure, aux sous-entendus homo éparpillés au tractopelle. L'époque confond définitivement potache et subversif.

Toute première fois de Noémie Saglio et Maxime Govare
Non content de dévoiler sa vision navrante de l'homosexualité bourgeoise, forcément bourgeoise, ce film pour tous nous décrit également deux des patrons parmi les plus odieux, arrogants et incompétents vus sur un écran récemment. Dix ans en arrière, ces personnages auraient fait office de bad guys mesquins. Aujourd'hui, ce sont les héros.

Cinquante Nuances de Grey de Sam Taylor-Johnson
Le plus gros phénomène littéraire de la décennie est donc une fan-fiction inspirée de Twilight, écrite sur son Blackberry par une personne a priori abominable si l'on en juge ses interviews et les échos de production de cette première adaptation cinématographique. Sans vouloir sonner alarmiste, nous vivons donc dans un monde où Twilight est devenu une référence. UNE REFERENCE. Que le dernier à partir ne prenne pas la peine d'éteindre : cette planète est déjà morte de l'intérieur.

 

Tag(s) : #crash taste

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