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Le crash taste week-end de François !

François Cau, journaliste et critique pour So Film, se fait les dents dans cpasducinema. Aussi poilu que Chuck Norris, aussi espiègle que Leatherface et aussi sensible que Yamazaki Asami au terme d’une Audition, il vous délivrera chaque week-end son Crash Taste de films. Qui passe à la disqueuse ?

The Voices de Marjane Satrapi
Cérémonie de clôture du Festival du Film de Comédie de l'Alpe d'Huez, édition 2015. Ce petit rigolo de Max Boublil prend le micro pour introduire le palmarès. Et là, le grand dadais au charisme de sous-Titoff se plaint de la présence, dans la compétition, de « films dont on n'a pas trop compris ce qu'il faisait là » - nul besoin de se lancer dans une investigation poussée, sont visés Réalité de Quentin Dupieux et The Voices de Marjane Satrapi. Mille pardons, ô grand Boublil, d'avoir osé bousculer ta semaine de vacances tous frais payés par des propositions un peu plus originales que celles auxquelles tu nous as habitué. Non, vraiment, j'espère que leur souvenir ne te hante pas jusque dans les cauchemars nocturnes que tu ne manques pas de faire chaque fois que tu tombes sur des comiques étrangers. Tu as sûrement raison, Maximilien. La comédie française doit rester dans son petit entre-soi et agoniser lentement, très lentement dans ses miasmes consanguins. Honte à toi, Marjane, d'avoir réveillé le public docile et bien élevé.

Inherent Vice de Paul Thomas Anderson
Excellente adaptation du roman de Thomas Pynchon, dont le film partage la superbe stylistique et l'arbitraire discursif : c'est l'absence de sens qui fait sens, coco.

Hacker Michael Mann

Grand film malade, chef-d'œuvre incompris, élévation du cinéma de genre vers l'abstraction pour mieux aplanir les fondations du divertissement de demain ? Meh. Dans ses pires moments, Michael Mann est un bâtisseur de cathédrales dont on se rend compte, une fois poussée la porte, qu'elles se résument à la beauté de leurs façades.

Big Eyes de Tim Burton
La singularité d'une artiste passée à la moulinette de la standardisation industrielle : à un moment, le spectateur suffisamment naïf pour encore croire à Tim Burton se dit que tout est en place pour la résurrection de celui qu'il a jadis aimé avec passion. Sujet et casting en or massif, script malin sans être roublard, budget modeste éloigné des contingences hollywoodiennes... tout est en place sauf Burton, en fait. Nous attendions un Phénix, nous n'eûmes qu'un cormoran rachitique.

Un homme idéal de Yann Gozlan
Par défaut, l'un des meilleurs polars français de l'année. Dans l'absolu, un joli dirigeable qui vise les sommets pour finalement n'atterrir nulle part, avec un Pierre Niney autant à sa place que Kev Adams chez Michael Haneke.

La Sentinelle de Paul Schrader
Peu importe la polémique autour du remontage du film, le boycott recommandé par ses principaux instigateurs, ou même le résultat final, puisque le temps de quelques scènes, Nicolas Cage nous est rendu dans toute sa splendeur bipolaire. Le voir hurler sur un serveur qui lui demande d'éteindre sa clope, et retomber amoureux comme au premier jour.

 

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