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Le crash taste week-end de François !

François Cau, journaliste et critique pour So Film, se fait les dents dans cpasducinema. Aussi poilu que Chuck Norris, aussi espiègle que Leatherface et aussi sensible que Yamazaki Asami au terme d’une Audition, il vous délivrera chaque week-end son Crash Taste de films. Qui passe à la disqueuse ?

Il est difficile d'être un dieu d'Alexei Guerman
Plus intimidant, tu ne peux pas. Le film ultime, posthume et inachevé d'un esthète perfectionniste au point de faire passer David Fincher pour une collégienne timide. Trois heures de plans-séquence aussi sublimes que nauséeux, de dialogues abscons noyés dans la merde, le sang et la souillure, de brusques regards caméra assénés par des personnages hagards, perdus dans un cloaque moyen-âgeux dont les effluves puantes semblent traverser l'écran... Nul autre choix que de sortir du film épuisé, en rampant vers la corde la plus proche pour s'y pendre. Qu'importe l'histoire, de toute façon incompréhensible pour qui n'a pas lu le roman des frères Strugatsky. L'essentiel réside dans les puissants traumatismes infligés par l'expérience, les images incrustés au burin dans l'inconscient, les sensations malsaines exhalées sous les crânes en fusion. Pour qui refuse l'expérience, c'est l'enfer garanti. Dans tous les cas, évitons de pogoter trop vite sur la tombe de Guerman, et remercions-le de nous avoir fait ressentir QUELQUE CHOSE.

The Major de Yury Bykov
Un polar brutal, impeccablement filmé, deuxième démonstration implacable de la semaine que le cinéma russe ne se cantonne pas aux blockbusters patriotiques, aux films d'auteur patriotiques, ou aux projets gonzo avec Gérard Depardieu.

Eating Raoul de Paul Bartel
Dans son chef-d'œuvre La Course à la Mort de l'An 2000, cet adorable coquinou de Paul Bartel s'amusait déjà à brouiller les pistes idéologiques, à renverser les valeurs libertaires et réactionnaires en un jeu de massacre complètement South Park avant l'heure. C'est toujours le cas dans cette comédie domestique tournée en 1982, où un couple pudibond, littéralement envahi par les partouzeurs et autres obsédés sexuels, règle le problème façon Cartman avec les hippies. Le côté théâtre filmé, malheureuse incidence d'un budget restreint, fait vieillir le film au détriment de son impact, mais le tout demeure suffisamment mal élevé pour susciter l'affection.

Bananes Mécaniques de Jean-François Davy
Arrêtez de vous mentir. Vous désirez ce DVD du plus profond de votre être juste pour le plaisir d'interloquer les invités furetant dans votre dvdthèque. Sales bourgeois. Cinématographiquement, cette comédie érotique bien plus proche de Benny Hill que de Stanley Kubrick ne vous donne pas tort. D'un autre côté, qui peut vraiment lutter contre le charme suranné des premiers  films olé olé made in France ?

Pokers de Justin Steele
Grand prince, Steven Seagal apparaît au moins 5 minutes, en chemise hawaïenne et les cheveux teints, s'il vous plaît. En VF, le héros emploie l'irrésistible expression 80's « ça biche ? ». Deux atouts indéniables, qui ne suffisent néanmoins pas à sauver cette production au pitch indigne d'une sous-intrigue lambda de Law & Order.

Robin des bois, la véritable histoire d'Anthony Marciano
Face à cette intolérable potacherie regardée en six fois (parce que si tu abandonnes avant la fin, c'est le film qui gagne), l'éternelle question : est-ce de l'aigreur due au vieillissement ou est-ce que le niveau artistique d'aujourd'hui est OBJECTIVEMENT plus bas que jamais ? Je veux bien envisager la première réponse, mais dans ce cas, pourquoi une étude attentive du regard de Max Boublil quand il sort une vanne me renvoie-t-elle à la terreur qui m'étreint lorsque j'essaie de rationnaliser l'étendue du vide sidéral ?

 

Tag(s) : #crash taste

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