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Le crash taste week-end de François !

François Cau, journaliste et critique pour So Film, se fait les dents dans cpasducinema. Aussi poilu que Chuck Norris, aussi espiègle que Leatherface et aussi sensible que Yamazaki Asami au terme d’une Audition, il vous délivrera chaque week-end son Crash Taste de films. Qui passe à la disqueuse ?

Tokyo Tribe de Sono Sion
Je vous l'ai déjà dit dans ces mêmes colonnes de l'intolérance et je continue à l'assumer crânement, les mains sur les hanches, le menton relevé et un air mi-défiant mi-chaudasse dans les yeux, Sono Sion est l'un des metteurs en scène les plus passionnants en activité. Même quand il nous offre une histoire de guerre des gangs déclenchée par un concours de bite, chantée les trois quarts du temps par des rappeurs approximatifs façon Jacques Demy du tierquar nippon, il y a toujours plus de cinéma, de rage de filmer, d'énergie cinétique dévastatrice que dans l'intégralité du catalogue Marvel. Prends ça, Kevin Feige.

Love de Gaspar Noé
Désormais, en France, c'est donc une association d'extrême-droite qui décide de la visibilité des films en salles obscures, comme si le 7e art était lui aussi en état d'urgence. Et c'est effectivement ce qui pouvait le plus nuire au petit dernier de Gaspar Noé, conçu pour être vu sur grand écran et en 3D. Ravalé à la consommation courante sur lucarnes numériques, la tentative ne rime plus à rien, s'étiole et surligne au final les défauts habituels du metteur en scène. D'autant plus rageant que le film est à la fois son meilleur et son pire, son plus subtil en termes de peinture psychologique mais aussi son plus gratuitement provocateur, un Space Mountain sensoriel capable de vous émouvoir aux larmes et de vous exaspérer, aux larmes également, le tout dans un même mouvement.  

Victoria de Sebastian Schipper
Le tour de force (un plan-séquence de deux heures) est digne d'applaudissements nourris. Mais de là à y trouver de l'intérêt, c'est encore une autre histoire où la suspension d'incrédulité est morte pendue, recouverte de goudron et de plumes.

Amy de Asif Kapadia
À la limite, quand on ne connaît strictement rien du destin tragique d'Amy Winehouse, ce documentaire peut apporter quelques nécessaires points de repère dans son parcours funeste. Mais avec un minimum de recul, difficile de ne pas considérer ce film comme l'énième miroir de la voracité avec laquelle les médias se sont nourris de son statut de cadavre ambulant. Comme le Montage of Heck consacré à Kurt Cobain, le film se persuade qu'en abordant le phénomène par sa face intime, il se drapera dans la pudeur nécessaire. Si l'on en juge le profond malaise éthique ressenti après la projection, il se trompe lourdement.

Ant-Man de Peyton Reed
Je veux bien ranger ma mauvaise foi et mon aigreur dans la cinquième poche de mon jean, celle où je cale ma cigarette électronique du 3e millénaire pour mieux la dégainer en cas d'angoisse devant les produits artistiques génériques à destination des Millenials. En effet, rien ne nous dit que Peyton Reed n'a pas fait de son mieux en prenant la relève d'un Edgar Wright dépité de son expérience avec la maison Marvel, qu'il n'est pas à l'origine des meilleures trouvailles humoristiques et idées de mise en scène. Mais quand le bétisier de trente secondes s'avère infiniment plus drôle que l'intégralité du film, c'est qu'il y a tout de même un problème.

Pitch Perfect 2 de Elizabeth Banks
Je veux bien croire que mon manque d'appréciation soit purement générationnel, qu'en 2015, par exemple, ce soit vraiment trop LOL de surnommer un personnage obèse « la baleine » ou que participer à The Voice constitue l'épitome de la reconnaissance populaire et, de fait, de l'accomplissement personnel. Mais sérieusement, est-ce que cette daube frelatée a réellement besoin de durer deux heures ? Je pose la question.

 

Tag(s) : #crash taste

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