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Le crash taste week-end de François !

François Cau, journaliste et critique pour So Film, se fait une manucure dans cpasducinema. Aussi cocasse que Kev Adams, coquin comme Linda Lovelace et trognon comme un Ewok, il nous livre chaque week-end son Crash Taste de films. Qui reveut un chamallow à la guimauve ?

Pee Wee's Big Holiday de John Lee
2016 devient décidément l'année du « pourquoi pas », des idées absurdes concrétisées on ne sait trop comment à destination d'on ne sait trop qui. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour tous les contempteurs de tiédeur. Donnez-nous du grandiose, du prétentieux, du ratage spectaculaire ou, comme ici, une relecture adorablement awkward d'un personnage enfantin transformé en objet de fantasme universel. Tout le monde veut baiser Pee Wee, et c'est très troublant, en particulier dans cette scène complètement équivoque où il enfile un bracelet autour du poignet de Joe Manganiello.

Banshee saison 3
Ce plaisir irresponsable mais pas coupable augmente les doses de sa recette entre vulgarité totale et iconisation westernienne. Plus que jamais Mad Max sexué, le show montre une Amérique pré-apocalyptique où les replis communautaires virent en affrontements d'une violence grotesque, retour aux fondamentaux tribaux baignés de whisky dans des verres sales, de baise moite et de gnons dans la gueule. La défaite de l'Ouest, mise en scène avec panache et une application remarquable dans le mauvais goût. Ses effets auront terriblement vieilli d'ici cinq à dix ans, profitons-en tant qu'ils fonctionnent encore.

Queen of Earth de Alex Ross Perry
Par rapport à tous ses camarades du cinéma indépendant US du moment focalisés sur les petits dérèglements bourgeois filmés en lumière naturelle avec des cadres léchés, Alex Ross Perry possède une arme thermonucléaire en sommeil : Elisabeth Moss. Il y a un plan terrible à la moitié du film où l'actrice déprime sur son lit avec un bol de salade en amorce du cadre – plus Sundance, tu fonds dans la lave de tes péchés d'orgueil. Et parce que c'est elle, cette scène putride sur le papier devient fascinante. Il en va ainsi de la seconde partie de ce portrait de dépressif narcissique sur la verge de la psychose.

The Runner de Austin Stark
Voir Nicolas Cage rejouer un alcoolique et regarder des photogrammes de Leaving Las Vegas en pensant à la mort. Ce minuscule drame social, loin d'être déshonor ant mais franchement anodin, nous apprend que l'enthousiasme terrifiant de Nic Cage en ferait un excellent politicien de proximité.

Belle et Sébastien 2 de Christian Duguay
Il y a vingt ans, Christian Duguay tournait Planète Hurlante, une adaptation de Philip K. Dick angoissante au dernier degré, avec un gosse flippant au point de donner envie de tabasser tous les garçons de dix ans prénommés David, comme ça, juste au cas où. Duguay n'allait pas nécessairement devenir le nouveau Kubrick, mais en tout cas, il ne méritait pas d'être cantonné à filmer Guillaume Canet en pleine passion canasson dans Jappeloup, ou ici, Thierry Neuvic dans son éternel registre de bon gars bourru gros iench' friendly. Libérez Christian, pour l'amour de ce qui est juste.

Oups j'ai raté l'arche de Toby Genkel
Théorie du complot numéro 111 : et si cette chose qui cherche à rendre vos enfants daltoniens, sourds, et un peu cons aussi probablement avait été produite en sous-main par Disney pour faire croire qu'après tout, ses films ne sont pas si horribles que ça ? Pour preuve, à côté, Zootopie passe pour un chef-d'œuvre.

 

Tag(s) : #crash taste

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