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Le crash taste week-end de François !

François Cau, journaliste et critique pour So Film, se fait une manucure dans cpasducinema. Aussi cocasse que Kev Adams, coquin comme Linda Lovelace et trognon comme un Ewok, il nous livre chaque week-end son Crash Taste de films. Qui reveut un chamallow à la guimauve ?

Suburra de Stefano Sollima
Ecce le grand film oublié de 2015, fresque aux dix sujets cruciaux menés de front, entre universalité de propos et spécificités d'un pays gangrené au plus profond de son être par toutes les formes de corruption, captation audacieuse de l'air du temps et impasses générationnelles. Un casting monstrueux s'y affronte dans des scènes iconiques, grandiloquentes, emballées avec la volonté de livrer un objet furieusement pop et frontal. En un mot : cinématographique.

Le Pont des Espions de Steven Spielberg
Et les biographes retiendront qu'en 2015-2016, les Coen jouèrent de la notion même de mise en scène avec une maîtrise insolente, dans des scénarios brillants, ancrés dans la période de séparation du monde en deux grands blocs. Les deux génies poussent le vice jusqu'à conjuguer leurs répliques cultes au subjonctif : l'hilarant gimmick « Would it help ? » ici, le grandiose « Would that it were so simple » dans Ave Cesar. Tout anodin qu'il puisse sembler, le geste s'avère aussi élégant que l'intégrité des héros finement sublimée par le savoir-faire Spielbergien.

Le Grand Jeu de Nicolas Pariser
Mais oui BRAVO à cette tentative de plaquage d'un sujet d'actualité récent, brûlant, prétexte à matière romanesque ample pour décrypter les dérèglements d'Etat aux dépends de la moindre amorce d'alternative au système imposé #JeSuisJulienCoupat #NuitDebout #gnagnagna. Après, il eut été préférable de ne pas privilégier in fine la carte de la romance au détriment des forts beaux restes. Ce qui démarrait comme un subtil contre-Exercice de l'Etat devient À nos Actes Manqués de Goldman.

Au cœur de l'océan de Ron Howard
What the fuck, Ron Howard ? Pourquoi depuis deux films cette colorimétrie étrange de l'image numérique façon sépia délavé bien luné et filtre Instagram ringard mal luné ? Pourquoi ces gros plans en courte focale, ces CGIs au réalisme inconfortable, ces sursauts gore inappropriés ? Ta fixation sur le charisme bourru de Chris Hemsworth n'explique pas tout, Ron. Un jour, tu devras rendre des comptes aux pauvres étudiants en cinéma qui se persuaderont que tu es un auteur.

Comment c'est loin de Christophe Offenstein et Orelsan
Tout dépend du degré d'empathie pour un glandeur sans réel talent en dehors d'une observation plus ou moins romancée d'évidences consternantes à la longue. Orelsan se vautre dans son plus gros défaut – l'effondrement dans la longueur.

Docteur Frankenstein de Paul McGuigan
Once upon a time un réalisateur vraiment anodin, une sorte de sous Guy Ritchie, si tant est que vous arriviez à l'imaginer, troussait des séries B PEPOUZE TRANQUILLOU. Puis Steven Moffat le bombarda metteur en scène aux commandes de Sherlock. Et la grenouille se vit plus grosse que le bœuf, comme en témoigne cet énième reboot absurde, recelant en son sein duveteux quelques-uns des pires ralentis de l'année, encore jeune, il est vrai, mais les autres films n'ont pas le dos de Daniel Radcliffe se vidant de pus.

 

Tag(s) : #crash taste

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