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Le crash taste week-end de François !

François Cau, journaliste et critique pour So Film, se fait une manucure dans cpasducinema. Aussi cocasse que Kev Adams, coquin comme Linda Lovelace et trognon comme un Ewok, il nous livre chaque week-end son Crash Taste de films. Qui reveut un chamallow à la guimauve ?

Le Fils de Saul de Laszlo Nemes
Une démonstration de force colossale. Tout y est, le parti pris esthétique radical sur un sujet réputé intouchable artistiquement, l'acteur plein cadre poussé dans les retranchements abyssaux de l'univers connu pour n'en plus revenir, l'usage techniquement parfait de l'horreur hors champ, la photographie à même de faire mourir de honte tous les critiques ayant un jour employé l'adjectif crépusculaire pour décrire un album folk semblable à 120 autres. Tout y est, et pourtant, cet objet formidable en théorie ne suscite aucune émotion. Un cours magistral écrasant de maîtrise, au final aussi désincarné que son personnage principal.

Made in France de Nicolas Boukhrief
Dimitri Storoge est un acteur au potentiel énorme, une vraie gueule de cinéma qui participait à son humble manière à la justesse de Dealer ; il impose ici une présence convaincante dans un rôle pas facile facile. Les films de Jean-Luc Herbulot et de Nicolas Boukhrief auraient mérité leur succès d'estime, simple écho du temps où des productions bien moins honorables atteignaient les 600 000 entrées sans sourciller. Mais aujourd'hui, ces films de genre français corrects sortent sur Netflix ou en VOD, à la merci d'un piratage vorace signant leur arrêt de mort commerciale. Bien joué, consommateur lambda. Par ta grande faute, le public français va découvrir Dimitri Storoge dans Les Visiteurs 3, et s'en souvenir comme du type qui se fait chier dessus par un corbeau.

Un + Une de Claude Lelouch
Si quelqu'un m'avait dit qu'un jour je tolèrerais un film de Claude Lelouch, qu'honteux, je rirais de sa légèreté assumée, j'aurais assommé ce quelqu'un avec un objet contondant de type agrafeuse murale, lui aurais uriné dans la bouche, agrafé les lèvres, secoué la tête dans le sens inverse des aiguilles d'une montre avant de l'enterrer vivant jusqu'au cou sur la ligne centrale d'une autoroute du soleil. Hypothèse : Lelouch est un jazzman inspiré 1 fois sur 20, lorsqu'il s'entoure du bon big band et que sa poétique si particulière trouve le bon tempo. Ici, en Inde, avec Jean Dujardin, Elsa Zylberstein et Christophe Lambert, contre toute attente, ça marche. IT'S ALIVE.

Strictly Criminal de Scott Cooper
Pas tant le grand retour de Johnny Depp qu'un simple investissement minimum dans un rôle plus intéressant que le sinistre Mortdecai. Pas de quoi se relever la nuit non plus : le registre, sans aucune espèce de surprise, est celui du sous-Scorsese sans ambition et gavé d'erreurs de casting trop grosses pour passer. Benedict Cumberbatch a visiblement été débauché d'un autre tournage dix minutes avant ses prises, et Joel Edgerton défie le Mark Ruffalo de Spotlight sur le terrain de l'accent forcé. Amusant les trente premières minutes, puis de plus en plus pénible.

JeruZalem de Doron et Yoav Paz
Claude Lelouch en président du jury du dernier festival de Gérardmer ? Après tout pourquoi pas, j'ai déjà vu Max Boublil juré d'un festival d'humour. Par contre, il ne faut pas s'étonner d'avoir un palmarès absurde, subtil entrelac de cynisme et d'incompétence qui veut bien faire. À l'image de cet énième found footage récompensé à Gérardmer, par ailleurs.

Babysitting 2 de Nicolas Benamou et Philippe Lacheau
Tourné et écrit trop vite dans la foulée du premier, filmé avec l'urètre d'un toucan syphilitique mort du sida du cul depuis trois ans, fière de son Christian Clavier à un pépère 2,5 sur l'échelle des Visiteurs 3, cette séquelle nous prouve une fois de plus, du haut de ses 3,2 millions d'entrées, que c'est nous qui avons tort.

 

Tag(s) : #crash taste

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