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(Sylvain Desclous le nouvel expert cuisine du cinéma français)

(Sylvain Desclous le nouvel expert cuisine du cinéma français)

Four, portes de placards, mais aussi ristourne et rabais. On parle pourtant bien de cinéma dans Vendeur, le premier film de Sylvain Desclous. Le réalisateur était de passage début avril à Grenoble et à Lyon pour des projections en avant-première.
Vendeur, qui sera en salle mercredi, nous plonge dans l’univers méconnu des commerciaux de cuisine. Gilbert Melki, crack de la vente, va devoir filer un coup de main à son fils (Pïo Marmai) et l’initier aux ficelles du métier. Entre un séminaire de motivation et un repas de famille, Sylvain Desclous montre aussi quand le commercial desserre la cravate.
 
Avec Vendeur, on découvre qu’une zone commerciale, peut aussi être un décor de cinéma.
Sylvain Desclous : « C’était un chalenge d’arriver à filmer ces zones commerciales, qui ne sont pas les endroits les plus sexy du monde, et de pouvoir être un peu poétique. Ce sont des lieux de vies où des gens travaillent, se rencontrent, s’aiment et je voulais en faire des décors de cinéma d’où l’emploi du scope, de belles focales, je ne voulais pas faire un doc, mais un vrai film cinématographique. Avec mon chef op, on a voulu se faire plaisir et filmer la France de manière originale ».
 
Quel était le désir avec ce premier film, montrer une profession peu vue au cinéma ?
SD : « Le premier désir était de parler de la profession et de l’univers des zones commerciales, puis ensuite j’ai pensé à ce personnage de vendeur fantasque, gouailleur, très attachant et en même temps très solitaire. Le fils qui revient et cette relation conflictuelle ont enfin émergé.
J’avais vu un reportage sur ces vendeurs de cuisine dans les salons qui vendaient  pour plusieurs dizaines de milliers d’euros chaque jour et qui le soir se retrouvaient en bande. J’avais trouvé ça assez impressionnant, mais je me disais aussi qu’il devait y avoir une partie plus sombre, un prix à payer, la solitude et des vies de famille compliquées ».
(Gilbert Melki et Pïo Marmai, la complainte du cuisiniste)

(Gilbert Melki et Pïo Marmai, la complainte du cuisiniste)

Vous faites un portrait cru et sans concession de cette profession de vendeur de cuisine.
SD : « Ce n’est pas un portrait à charge d’une profession, je ne voulais pas généraliser. Je voulais dresser le portrait d’un personnage de cinéma : 55 ans, un peu glorieux et caricatural. Ça ne m’étonnerait d’ailleurs pas que certains vendeurs se reconnaissent en lui. Il paie le prix cher de sa vie, c’est-à-dire qu’il est toujours sur les routes, dans les hôtels, les addictions qui vont avec, c’est un type haut en couleur. Je ne voulais pas être dur ou mordant, mais réaliste pour aussi croire à l’histoire. Je n’ai rien inventé et ce que je montre n’est pas ironique. Ce qui m’intéressait c’était ce milieu d’hommes, d’acteurs gouailleurs avec ce que ça produit chez les gens ». 
 
Maintenant, on ne vous l’a fait plus sur les cuisines ?
SD : « En fait, je suis en sous-location donc je ne peux pas acheter de cuisine ».
 
 
 
Tag(s) : #Interview, #A voir en salle

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